Mr NOBODY, UN FILM DE JACO VAN DORMAEL.

Mr Noboby est le dernier mortel dans un monde ayant découvert le secret de l’immortalité. À 125 ans il va bientôt rendre l’âme, un journaliste recueille par bribes les souvenirs du vieil homme.

Mais de toutes les vies qui lui sont contées, laquelle est la bonne? Celles qu’il passe auprès de son père ou celles vécues du côté de sa mère? Laquelle d’Anna, Elise et Jeanne a-t-il finalement épousé?

Toutes ces destinées possibles ont été vécues. C’est ici qu’il nous faut mettre la logique du monde réel de côté pour nous perdre dans les conjectures de la philosophie des sciences. En cela le réalisateur belge se rapproche des frères Wachowski qui mettent singulièrement les mêmes questions métaphysiques sur la table. Le monde que nous connaissons est-il régit par un être supérieur? Au fond que savons-nous du temps pourrait-il s’inverser un jour comme le pôle nord et le pôle sud?

On reconnaitra au passage un déisme laïque puisé dans la franc-maçonnerie qui, ponctuellement, nourrit la science-fiction de manière efficace. Mais ici force est de constater qu’il est un peu difficile pour le spectateur de suivre l’univers mental infini de Jaco Van Dormael.

Voilà pour le fond mais qu’en est-il de la forme? Hé bien de ce côté on est pas en reste puisque ce scénario arborescent est servi par un univers visuel extrêmement riche. Jaco a su tirer avantage des moyens matériels mis à sa disposition pour qu’ils bénéficient au mieux à son œuvre. D’autre part cette intrigue complexe et somme toute longue est rendue intelligible par la structure déconstruite du récit.

Par ailleurs la voix off du narrateur nous relate parfois quelques anecdotes qui ne sont pas sans rappeler la manière très française qu’à Jean-Pierre Jeunet de relier le singulier et l’universel. Est assez surprenant par contre le choix pour la version française de doubler des acteurs américains, qui évoluent dans un environnement clairement anglophone, par des voix dont l’accent régional est franchement dérangeant.

En conclusion le dernier long-métrage du réalisateur bruxellois après “le huitième jour” est une réussite relative. Les spectateurs en effet ne pourront que rester perplexes à l’issue de la séance, ne sachant pas que penser d’un film qui les laisse au bord de la route. La réflexion philosophique sur l’infinité des mondes possibles a certes de l’intérêt, mais convient difficilement à une fin de film satisfaisante. Un choix dont certains salueront l’audace et que d’autres déploreront.

Article signé Charles Voisin.

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2 Responses to “Mr NOBODY, UN FILM DE JACO VAN DORMAEL.”

  1. je suis allée voir ce film. Personnellement, j’ai adoré cette idée de film déjà, cette idée de choix que nous faisons et qui nous mène quelque part. J’ai trouvé ce film intelligent, pas impossible du tout en fait, ne vivons-nous pas nous mêmes parfois plusieurs vies en rêve certes mais nous avons cette capacité de l’imaginer, donc pourquoi pas? ce qui nous ramène à la difficulté de bien choisir sans pouvoir le vivre avant, lui a concrétisé de manière sublime( la musique, l’émotion …) tout ce qui reste dans notre imagination . Une pure merveille. Bravo Mr Van Dormael

  2. Ah oui la bande-son j’avais oublié, j’ai bien aimé aussi! Il y avait “Mr Sandman” bring me a dream …. >> Les chordettes. Et puis “Day Dream” de Wallace Collection. De chouettes morceaux c’est vrai mais pas grand chose d’innovant, à part le titre que l’on peut écouter sur la bande-annonce. Sinon moi j’ai fais le choix de partir à l’étranger pour étudier les langues, assez singulier comme projet, et bien c’est la meilleure décision que j’ai jamais prise!

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